L'essentiel
- Une seule facture, deux redevances : le droit d'auteur SACEM et la rémunération équitable SPRE, perçue par la SACEM pour le compte de la SPRE.
- Quatre lignes à vérifier avant de payer : votre catégorie de barème, le critère de taille retenu, le tarif général ou réduit, et la période facturée.
- Les montants sont publiés hors taxes. La TVA à 20 % s'applique par-dessus.
- Trois sorties légales existent, et une seule tient sans changer de musique : aucune. Sortir de la facture suppose de sortir du répertoire.
PlaySafe · Essentiel
8,70 € HT / mois
facturé 104,40 € HT par an
Une boutique type paie 589 € par an à la SACEM et à la SPRE.
Essayer 7 joursRésiliable en un clic.
Qu'est-ce que vous voulez arrêter de payer ?
Deux redevances différentes tombent sur la même diffusion. Elles n'ont pas la même réponse.
Votre musique sert à quoi, chez vous ?
C'est la réponse qui décide si une alternative existe, ou si la SACEM est inévitable.
Vous payez combien aujourd'hui ?
SACEM et SPRE réunies, sur une année. À la louche suffit.
Facture SACEM : comment la lire, la vérifier et arrêter de la payer
Il y a un moment très précis où les gérants nous appellent. Ce n’est pas quand ils installent leurs enceintes, ni quand ils choisissent leur playlist. C’est le jour où ils ouvrent une enveloppe de la SACEM.
La réaction est presque toujours la même : « je ne comprends pas ce qu’on me facture, et je ne sais pas si le montant est juste ». Les deux sont légitimes. Le document mélange deux redevances distinctes, s’appuie sur un barème que personne n’a lu, et arrive souvent un an après l’ouverture.
Voici comment le lire, ce qu’il faut vérifier avant de payer, et ce qu’on peut réellement faire ensuite.
Ce que contient la facture : deux redevances, un seul papier
C’est la première source de confusion, et elle est structurelle.
La SACEM perçoit le droit d’auteur. Elle rémunère les auteurs, les compositeurs et les éditeurs des œuvres que vous diffusez. C’est le livre I du Code de la propriété intellectuelle.
La SPRE perçoit la rémunération équitable, au titre des droits voisins. Elle rémunère les artistes-interprètes et les producteurs du phonogramme, c’est-à-dire de l’enregistrement lui-même. C’est le livre II.

Une enveloppe, un document, et deux redevances qui n’ont ni le même fondement ni le même bénéficiaire.
Deux sociétés, deux fondements juridiques, deux bénéficiaires. Mais un seul document, parce que la SACEM encaisse la SPRE pour le compte de la SPRE. Sur votre facture, la ligne SPRE représente en général 65 % du montant du droit d’auteur, avec un minimum annuel de 110,60 € HT.
Ce détail compte pour la suite : contester l’une ne règle pas l’autre, et elles ne se contestent pas sur le même terrain. Nous détaillons le mécanisme dans notre page consacrée à la SPRE.
Les quatre lignes à vérifier avant de payer
Il n’y a pas un tarif SACEM, il y en a 49, et l’erreur de catégorie est le cas le plus fréquent que nous voyons passer.
Un. Votre catégorie de barème. Un magasin de détail, un café-restaurant traditionnel, un bar avec piste de danse et un local associatif ne relèvent pas de la même autorisation. Un bar qui a installé une piste de danse une fois par mois ne bascule pas automatiquement dans le barème des discothèques, et l’inverse est vrai aussi. Vérifiez que la catégorie inscrite correspond à ce que vous faites vraiment aujourd’hui, pas à ce que vous déclariez à l’ouverture.
Deux. Le critère de taille retenu. Chaque barème a le sien, et ce n’est presque jamais celui qu’on imagine. Pour un magasin, c’est le nombre d’employés en contact direct avec la clientèle : ni la surface, ni le chiffre d’affaires n’entrent dans le calcul. Pour un café-restaurant, c’est le nombre de places assises, terrasse comprise si elle est sonorisée. Pour un local associatif, c’est le nombre de membres, et la facture se compte par appareil de diffusion. Si le chiffre retenu date d’il y a trois ans, votre facture aussi.
Trois. Tarif général ou tarif réduit. Le tarif réduit représente 20 % de moins que le tarif général, et il s’obtient en déclarant l’activité et en signant le contrat dans les délais. Beaucoup d’établissements paient le tarif général sans le savoir, simplement parce que la déclaration a traîné à l’ouverture. Cette ligne se rattrape rarement pour le passé, mais elle se corrige pour l’avenir.
Quatre. La période facturée et la TVA. Les grilles sont publiées avec une validité annuelle, du 1er janvier au 31 décembre. Une révision en cours d’année est possible si votre activité change (agrandissement, changement de catégorie, ajout d’une piste de danse), pas au titre d’une augmentation générale. Et tous les barèmes sont publiés hors taxes : la TVA à 20 % s’applique par-dessus, ce qui explique une bonne partie des « je ne retrouve pas le montant annoncé ».
Pour recalculer votre montant théorique avant de contester quoi que ce soit, le simulateur SACEM et SPRE applique les barèmes officiels 2026 en trente secondes, sans inscription. Les grilles complètes par activité sont sur la page des tarifs SACEM.
Quelques ordres de grandeur, pour savoir si votre facture est plausible
Ces fourchettes sont celles des barèmes publiés pour 2026, hors TVA et hors SPRE sauf mention contraire.
Magasin et commerce de détail : de 165,31 € à plus de 3 800 € HT par an selon le nombre d’employés en contact avec la clientèle, plus 110,60 à 479,27 € HT de SPRE.
Café ou restaurant traditionnel : de 461,50 € à 2 395,22 € HT par an.
Local associatif, foyer, amicale : de 67,17 € à 101,30 € HT par appareil de diffusion, selon le nombre de membres. Le statut associatif ne dispense de rien : c’est la diffusion publique qui déclenche la redevance, pas le but lucratif.
Événement occasionnel : soit un forfait par séance de 49,76 € à 742,69 € HT, soit 11 % des recettes dès que le budget dépasse 5 000 € ou le prix d’entrée 20 €. La musique enregistrée entraîne une majoration de 25 %.
Si votre facture sort très largement de ces fourchettes pour une activité comparable, il y a de bonnes chances que ce soit la catégorie ou le critère de taille qui soit en cause, pas le barème.
Ce qui se passe si vous ne payez pas
Disons-le franchement, parce que la question arrive toujours et que les réponses qui circulent sont fausses.
Il n’y a pas d’amende SACEM au sens d’une contravention. Ce que vous risquez, c’est un redressement : la SACEM peut réclamer les redevances des années non déclarées, majorées, et le tarif appliqué devient le tarif général et non le tarif réduit. Le montant ne se calcule pas sur une grille de sanction mais sur ce que vous auriez dû payer, plus les pénalités de retard.
Les chiffres spectaculaires que vous avez peut-être lus, les fameux 300 000 €, relèvent du délit de contrefaçon, une qualification pénale qui vise autre chose et qui ne correspond pas à ce qui arrive à un commerçant qui n’a pas déclaré ses enceintes. Nous avons détaillé la procédure réelle, étape par étape, dans notre article sur l’amende SACEM en magasin.
Les trois façons légales d’y mettre fin
Et disons aussi ce qui ne marche pas. Négocier le barème, ne pas répondre, ou déclarer qu’on ne diffuse plus alors que les enceintes tournent : ces trois voies ne mènent nulle part et aggravent la situation le jour du contrôle.
Ce qui fonctionne suppose de sortir du répertoire, c’est-à-dire de changer la musique elle-même. Trois voies existent.
Le domaine public. Les œuvres dont les auteurs sont morts depuis assez longtemps, avec des enregistrements de la même époque. Le catalogue est limité et rarement adapté à un commerce d’aujourd’hui, mais il est gratuit et incontestable.
Un catalogue libre de droits, avec attestation écrite. Attention au mot « libre de droit », qui qualifie la licence d’utilisation et non la redevance due en diffusion publique. Sans document nominatif de votre fournisseur, vous n’avez rien à opposer en contrôle.
Une musique intégralement générée par intelligence artificielle, sans auteur humain identifiable, donc hors du répertoire des sociétés de gestion. C’est notre approche, et nous l’expliquons en détail dans le guide musique sans SACEM. La position de la SPRE sur la musique générée par IA reste débattue, et nous exposons notre lecture plutôt que de la présenter comme acquise.
Dans les trois cas, la charge de la preuve vous revient. C’est vous qui devez pouvoir démontrer l’origine des morceaux diffusés, pas la SACEM qui doit démontrer l’inverse.
Résilier proprement, et contester si nécessaire
Une fois votre catalogue changé, la résiliation ne se fait pas en cessant de payer. Elle se fait par écrit, et le préavis dépend des conditions de votre contrat individuel : c’est sur votre document signé qu’il faut le vérifier, pas sur une règle générale.
Nous mettons deux modèles à disposition, gratuitement et sans inscription :
- La lettre de résiliation SACEM, pour mettre fin au contrat une fois le catalogue basculé.
- La lettre de contestation SPRE, pour la part rémunération équitable, qui repose sur la notion de phonogramme publié à des fins de commerce et ne se conteste pas avec les mêmes arguments.
Où passe la redevance dans vos comptes
C’est une question qui revient souvent et qui mérite une réponse prudente.
La redevance SACEM est une charge d’exploitation de l’exercice. En pratique, la plupart des cabinets la portent au compte 651, « redevances pour concessions, brevets, licences, marques, procédés, droits et valeurs similaires », et la TVA facturée est récupérable dans les conditions de droit commun si vous y êtes assujetti.
Je précise volontairement « en pratique » : le compte exact retenu peut varier selon le plan comptable de votre entreprise et la façon dont votre cabinet organise ses charges externes. C’est une ligne à confirmer avec votre expert-comptable, pas à décider d’après un article de blog.
Le point qui compte pour un gérant est ailleurs : cette charge est récurrente et automatiquement reconduite. Elle ne disparaît pas d’elle-même, et chaque année où on la reporte est une année de payée.
Ce que je retiens
Une facture SACEM n’est pas une sanction et ce n’est pas non plus une fatalité. C’est le résultat d’un barème, appliqué à des paramètres déclarés, dont une partie est souvent périmée.
Vérifiez la catégorie, le critère de taille, le régime tarifaire et la période. Recalculez. Si l’écart est important, il se corrige. Et si vous décidez que cette ligne n’a plus sa place dans votre budget, la seule sortie qui tienne en contrôle passe par le catalogue, jamais par le silence.
Le calcul pour votre activité
Cinq fois moins cher, chaque année.
Une boutique type paie 589 € HT par an à la SACEM et à la SPRE réunies, barème 2026. PlaySafe coûte 104,40 € HT.
Vous gardez 485 € par an.
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Raphaël de Bernardis
Président de Soundia SAS, fondateur de PlaySafe
Entrepreneur français, je travaille au quotidien la conformité SACEM et SPRE des commerces, l'audio commercial et l'interprétation juridique du Code de la propriété intellectuelle face aux musiques générées par IA. Les articles que je signe partent tous d'un cas réel ou d'un barème officiel.




