L'essentiel
- SACEM Play est une offre de musique pour les commerces indépendants, rendue publique par la SACEM et Deezer le 28 septembre 2026.
- Son prix n'est pas publié, et le lancement est prévu progressivement d'ici le début de l'année 2027.
- L'offre pro existante de Deezer coûte 30 € par mois et par zone, et sa FAQ précise que la SACEM reste à payer à côté.
- Pour ne plus payer la SACEM, il faut sortir de son répertoire, avec une attestation qui le prouve en cas de contrôle.
PlaySafe · Essentiel
8,70 € HT / mois
facturé 104,40 € HT par an
Une boutique type paie 589 € par an à la SACEM et à la SPRE.
Essayer 7 joursRésiliable en un clic.
Qu'est-ce que vous voulez arrêter de payer ?
Deux redevances différentes tombent sur la même diffusion. Elles n'ont pas la même réponse.
Votre musique sert à quoi, chez vous ?
C'est la réponse qui décide si une alternative existe, ou si la SACEM est inévitable.
Vous payez combien aujourd'hui ?
SACEM et SPRE réunies, sur une année. À la louche suffit.
SACEM Play : ce que ça change pour votre commerce (et ce que ça ne change pas)
Le 28 septembre 2026, la SACEM et Deezer ont annoncé SACEM Play. Pour la première fois, la SACEM ne se contente plus de facturer la musique que vous diffusez : elle veut aussi vous la fournir.
L’annonce a fait du bruit chez les commerçants, et c’est compréhensible. Une offre « clé en main », portée par l’organisme qui envoie la facture, ça rassure. Avant de vous décider, voici ce qui est réellement annoncé, ce que l’offre professionnelle de Deezer laisse déjà deviner, et la question que l’annonce laisse de côté.
Ce qui est annoncé
D’après le communiqué de Deezer et de la SACEM :
- La cible : les commerces indépendants. Boulangeries, salons de coiffure, boutiques de quartier. Les enseignes à plusieurs zones restent sur l’offre existante de Deezer pour les professionnels.
- Le partage des rôles : l’offre est vendue sous la marque SACEM, la technologie, le catalogue et les playlists viennent de Deezer. La SACEM apporte la distribution, c’est-à-dire son réseau et ses équipes qui rencontrent déjà les commerçants.
- Le calendrier : un lancement progressif d’ici le début de l’année 2027, précédé d’une phase de test.
- L’argument : une répartition plus juste pour les créateurs. La SACEM explique qu’elle pourra répartir les droits plus précisément grâce aux données de diffusion auxquelles elle aura accès. Autrement dit, elle saura ce qui passe dans votre commerce.
C’est une évolution logique pour la SACEM. Aujourd’hui, elle facture un forfait sans savoir ce que vous diffusez réellement. Avec SACEM Play, elle aurait la liste exacte des titres. Le communiqué ne précise pas la nature de ces données ni la façon dont elles seront collectées.
Ce qui n’est pas annoncé
Trois points manquent, et ce sont justement ceux qui comptent pour votre budget.
Le prix. Il n’a pas été communiqué. On ne sait pas s’il s’agit d’un abonnement à part, d’un supplément à votre forfait SACEM, ou d’un tarif regroupé.
Le lien avec la licence. C’est le point clé. Comme le relève Stéphane Larue, SACEM Play ne supprime pas l’obligation de payer les droits de diffusion, et un éventuel regroupement avec la licence reste à préciser. En clair : rien n’indique pour l’instant que l’abonnement remplace votre facture SACEM.
La SPRE. La facture que vous recevez contient deux redevances : le droit d’auteur, pour la SACEM, et la rémunération équitable, pour les artistes-interprètes et les producteurs, que la SACEM perçoit pour le compte de la SPRE. Un catalogue comme celui de Deezer est fait d’enregistrements du commerce. Leur diffusion dans un lieu public relève de ces deux droits. L’annonce n’en dit pas un mot.
Ce que l’offre pro de Deezer laisse deviner
SACEM Play n’arrive pas de nulle part. Deezer vend déjà une offre aux professionnels, Deezer for Professionals, et le communiqué la présente comme la solution de référence pour les lieux à plusieurs zones. On peut donc s’attendre à ce que SACEM Play en soit la version simplifiée, pour une seule zone. C’est une déduction, pas une annonce.
Voici ce que propose aujourd’hui Deezer for Professionals, d’après sa page :
- une application ou un boîtier, avec une lecture qui continue même si la connexion coupe ;
- des playlists éditoriales ou générées, une programmation à l’avance ;
- des annonces et des messages promotionnels en magasin ;
- une gestion centralisée pour plusieurs sites.
Le prix : 30 € par mois et par zone avec l’application (6 mois d’engagement), ou 324 € par an. 39 € par mois et par zone avec le boîtier. Sur devis au-delà de 15 zones.
Et surtout, la licence. La FAQ de Deezer répond elle-même à la question « suis-je exempté de la SACEM ? ». La réponse est non : Deezer prend en charge les droits liés au catalogue, mais les droits de diffusion publique doivent être réglés directement à la SACEM. La SPRE n’y est pas mentionnée.
Autrement dit, avec l’offre pro actuelle de Deezer, un commerçant paie l’abonnement et la SACEM. Rien n’indique à ce jour que SACEM Play fonctionnera autrement.
Et si la SACEM proposait une réduction ?
Chez PlaySafe, c’est le scénario que nous voyons venir : utiliser SACEM Play, et payer moins de SACEM en échange. Il serait cohérent avec l’objectif affiché, puisque la SACEM gagnerait des données précises sur ce que vous diffusez, et un nouveau client pour un service qu’elle vend.
Ce ne serait pourtant pas raisonnable. La SACEM est la seule à délivrer la licence pour son répertoire. Si elle accordait une remise à ceux qui choisissent SACEM Play, elle se servirait de cette licence pour avantager Deezer face aux autres fournisseurs de musique pour commerces, sur un marché où ils sont déjà nombreux à se faire concurrence.
Ce n’est pas annoncé. Aucun communiqué, aucune déclaration publique ne parle d’une remise sur la licence liée à SACEM Play. Le barème prévoit déjà un tarif réduit, par exemple quand vous déclarez avant d’installer votre sonorisation, mais il ne dépend pas du lecteur de musique que vous utilisez. Si une remise venait à être annoncée, elle réduirait votre facture SACEM sans la supprimer : vous resteriez dans le répertoire, donc redevable.
Ce que SACEM Play ne change pas
SACEM Play est un nouveau lecteur. Ce n’est pas une nouvelle règle.
La règle reste la même : quand vous diffusez des œuvres du répertoire de la SACEM dans un lieu ouvert au public, vous devez une redevance. SACEM Play vous propose de diffuser ce même répertoire autrement, avec une meilleure traçabilité. Vous restez dans le répertoire, donc vous restez concerné par la facture.
Il y a aussi un changement de posture à noter. Jusqu’ici, la SACEM était l’organisme qui vous facturait. Avec SACEM Play, elle devient aussi celui qui vous vend la musique, par les mêmes équipes de terrain. Ce n’est pas illégal, mais il est utile de le savoir quand on vous présente l’offre : votre interlocuteur sera à la fois le vendeur et celui qui perçoit la redevance.
Si votre objectif est de payer moins, la question n’est donc pas « quel lecteur choisir », mais « quelle musique diffuser ».
La seule façon de sortir de la facture : sortir du répertoire
Il n’existe pas de forfait magique. Pour ne plus rien devoir à la SACEM, il faut diffuser une musique qui n’est pas dans son répertoire, et pouvoir le prouver.
C’est ce que fait PlaySafe. Notre catalogue est composé de titres dont nous maîtrisons l’origine, hors du répertoire de la SACEM. Chaque établissement reçoit une attestation nominative, avec son SIRET et un QR de vérification, à présenter en cas de contrôle. Elle se met à jour toute seule tant que l’abonnement court.
Pour la rémunération équitable, nous sommes transparents : le sujet est discuté pour la musique générée par IA, et nous exposons notre position, ses fondements et ses limites dans notre article sur la SPRE. Nous ne vous promettons pas ce que personne ne peut garantir.
SACEM Play, Deezer pro ou PlaySafe : ce qu’on peut comparer aujourd’hui
On ne compare que ce qui est publié. Nous mettrons ce tableau à jour dès que la SACEM annoncera son prix.
| SACEM Play | Deezer for Professionals | PlaySafe | |
|---|---|---|---|
| Disponibilité | Progressive, d’ici début 2027 | Aujourd’hui | Aujourd’hui, essai de 7 jours |
| Prix | Non communiqué | 30 € par mois et par zone (application) | 10,90 € HT/mois (Essentiel), 19,90 € HT/mois (Premium) |
| Facture SACEM | Non précisé, regroupement à préciser | Toujours due, à régler à la SACEM | Plus de facture : la musique est hors répertoire |
| Preuve en cas de contrôle | Licence SACEM | Licence SACEM | Attestation nominative avec QR de vérification |
| Catalogue | Catalogue Deezer | Catalogue Deezer | Catalogue PlaySafe, origine documentée titre par titre |
| Au-delà de la musique | Non annoncé | Annonces, programmation, plusieurs sites | Planning, annonces vocales, lumières Philips Hue (Premium) |
Faut-il attendre SACEM Play ?
Si vous aimez diffuser des titres connus et que vous acceptez de payer la SACEM, SACEM Play peut simplifier votre quotidien. Attendez simplement d’en connaître le prix et les conditions, et comparez-le à l’offre pro de Deezer qui existe déjà.
Si ce que vous voulez, c’est ne plus recevoir la facture, SACEM Play ne répond pas à cette question. Vous pouvez estimer ce que vous payez aujourd’hui, puis essayer PlaySafe pendant 7 jours.
Questions fréquentes
SACEM Play est-il gratuit ? Non, rien ne l’indique. Le prix n’a pas été communiqué à ce jour. Pour repère, l’offre pro existante de Deezer coûte 30 € par mois et par zone.
SACEM Play remplace-t-il ma licence SACEM ? Pas d’après les informations disponibles. L’offre ne supprime pas l’obligation de payer les droits de diffusion, et son articulation avec la licence reste à préciser.
Utiliser SACEM Play donnera-t-il droit à une réduction SACEM ? Rien de tel n’a été annoncé. Et même en cas de remise, vous resteriez redevable, puisque vous diffuseriez le répertoire de la SACEM.
Quelle différence avec Deezer for Professionals ? Deezer for Professionals existe déjà et vise les lieux à plusieurs zones. SACEM Play vise les commerces indépendants et sera vendu sous la marque SACEM. Dans les deux cas, la musique vient de Deezer.
Quand SACEM Play sera-t-il disponible ? Le lancement est annoncé progressivement d’ici le début de l’année 2027, après une phase de test.
Puis-je arrêter de payer la SACEM avec SACEM Play ? Non. SACEM Play diffuse le répertoire de la SACEM. Pour ne plus payer, il faut diffuser une musique hors de ce répertoire et pouvoir le prouver, par exemple avec une attestation nominative.
Le calcul pour votre activité
Cinq fois moins cher, chaque année.
Une boutique type paie 589 € HT par an à la SACEM et à la SPRE réunies, barème 2026. PlaySafe coûte 104,40 € HT.
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Raphaël de Bernardis
Président de Soundia SAS, fondateur de PlaySafe
Entrepreneur français, je travaille au quotidien la conformité SACEM et SPRE des commerces, l'audio commercial et l'interprétation juridique du Code de la propriété intellectuelle face aux musiques générées par IA. Les articles que je signe partent tous d'un cas réel ou d'un barème officiel.




